Un «nouvel acteur industriel de prestige» va acheter 22 000 mètres carrés de terrain à Couvet pour y installer une usine de production de mouvements horlogers.
"On ne dira pas son nom, contrairement à ce qu'a fait un conseiller d'Etat", note Christian Mermet, membre de l'exécutif de Val-de-Travers. Mais c'est bel et bien Cartier qui va acheter 22 000 mètres carrés de terrain à Couvet pour y installer une usine de production de mouvements horlogers, avec plusieurs centaines d'emplois à la clé.
Un gros projet présenté ce matin par Christian Mermet et Jean-Nat Karakash, respectivement responsables de l'aménagement du territoire et de l’Économie de la commune de Val-de-Travers, en même temps qu'ils dévoilaient à la presse un ambitieux concept de développement économique, qui sera soumis lundi soir au conseil général, et qui prévoit met l'accent sur deux sites, à Couvet (le plus grand) et Buttes.
En ce qui concerne Cartier, le site retenu par l’entreprise est situé à la Léchère, près du centre sportif de Couvet. Des tractations avancées sont en cours : l’entreprise doit acheter cette parcelle à l’Etat, mais il appartiendra à la commune d’équiper le terrain. « L’aboutissement du projet serait un succès majeur, qui récompenserait de la plus belle des manières les efforts déployés depuis trois ans par la commune, en étroit partenariat avec le service de l’économie du canton de Neuchâtel, pour réussir l’implantation d’un projet d’envergure au Val-de-Travers », indique le rapport du conseil communal.
Un rapport qui va beaucoup plus loin : les deux plus gros employeurs de Val-de-Travers, Val-Fleurier à Buttes et Etel à Môtiers (1000 emplois à eux deux!), sont en plein développement : ValFleurier (également un producteur de mouvements du groupe Richemont), veut doubler la grandeur de sa manufacture et a déjà acquis la parcelle nécessaire auprès de l’Etat. Et Etel, fabricant de moteurs, est un peu à l’étroit sur son terrain de Môtiers. Le problème pour Etel est de pouvoir s’étendre dans une zone où se trouve notamment la pisciculture et les abattoirs. L’entreprise et la commune ont trouvé une solution qui prévoit le déménagement de ces deux activités : les abattoirs pourraient déménager sur le site de l’ancienne décharge, avec une installation flambant neuve à la clé ; et une société en formation, Biofish, devrait succéder à la pisciculture, mais sur un autre site, à proximité des étangs, dès 2016. Cette société a présenté un projet de production piscicole privé « particulièrement viable et intéressant », selon le rapport de l’exécutif.
Val-de-Travers profite de ces gros projets pour présenter un rapport complet lié à son développement économique : il s‘agit d’avoir un nombre suffisant de terrains disponibles pour l’implantation de nouvelles activités. 90 000 mètres carrés de terrain devraient ainsi être mis à disposition à Couvet.
« La commune se trouve bel et bien à l’aube d’une nouvelle ère de développement", insiste le conseil communal. Du coup, ce sont six arrêtés, une modification de plan d’alignement (Buttes) et un nouveau plan d’alignement (Couvet), qui sont soumis lundi soir au Conseil général. Le coût total de ces projets, pour la commune, est estimé à un peu plus de 3 millions de francs, le gros morceau étant l’équipement de la zone industrielle de la Léchère, y compris les accès routiers, et les transactions immobilières qui lui sont liées : un crédit de 2,4 millions sera demandé aux conseillers généraux.
« L’Express » et « L’Impartial » reviendront en détail demain sur cet ambitieux programme.
Par FRK
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